de février 2010

 

Postulat de base


En ces saisons annoncées inquiétantes ; et qui le sont, l’avenir se décidera par l’économie et la politique culturelle.

 

Postulat de réaction

 

Mais bon dieu c’est un comble pour du vent ; pour de l’air qu’on respire ensemble.

J’ai un air de clarinette en tête quand j’écris ça. Kleezmer .

 

« - mais vous mangez de quoi ? comment est- ce que vous vivez ? demandait un habitant de Remilly en montagne, c’est quand même pas avec votre pintade et vos mobylettes et votre machin là ( ce machin là c’était le spectacle ) que vous pouvez bouffer ?

On lui a donc expliqué en bon populistes que nous sommes que l’état , les institutions locales et leurs représentants avaient trouvés opportun de nous rétribuer honorablement en redistribuant l’argent collecté pour cette tournée à rayonnement village en mob et pintade.

Et donc qu’on était heureux de l’inviter à s’asseoir nous regardez nous mettre debout.

- Mais c’est pas possible que ça soit gratuit votre truc là ( le truc là c’était Le Petit Cirque des Tribuns spectacle deux temps et trois mouvements produit par le Cdn et avec son directeur sur une meule ) ?

- Ben vieux ? nous répondit-il. »

Il est venu.

Est ce que ça l’a fait chier ?

Est ce que la problématique du pouvoir lui a donné à se pencher autrement sur son monde ?

A t’il éternué en rentrant chez lui ?

Je ne sais.

Et à vrai dire je m’en fout.

Ce que je sais , c’est qu’il était encore là, et avec le sourire pour l’apéro de la tablée, et puis il est parti après ça parce qu’il avait déjà prévu quelque chose à souper chez lui.

 

Les nouvelles contingences de la tournée font que cette histoire ne se fera plus aux mêmes conditions et dans la même forme pour diverses raisons.

Le cdn ayant un lourd cahiers des charges et une économie chiffrée à la virgule près, ne s’est pas trouvé le temps ni l’idée de se réunir pour l’avenir de la tournée ;

Et donc on se démerde .

François ayant un agenda de comédien directeur ne peut reprendre l’aventure,

Ingrid c’est en fonction du temps .

Reinir regarde son agenda et le système français de l’intermittence.

Pascale ne m’a rien répondu.

Ju , Romain et moi on y est.

Jeanne veille sur nous, sur nos droits et nos devoirs ;

Carole réveille les tourneurs et les diffuseurs

Karim et Nathalie signent, nous raisonnent et nous encouragent.

On devrait y arriver quoiqu’il en soit,

Au fond, on refait selon nos moyens.

Et comme nous en avons mais qu’ un peu, il devrait y en avoir pour du monde, et pour du lourd et pour du qui roule.

 

Grâce a des petits dessins, à la beauté et la folie des comédiens, et grâce à quelques rêves la Sf a pu vivre et réaliser :

Une rencontre avec François Chatot et son équipe, avec le Radeau ; a chanté sous le pont de l’arquebuse, dans les rues de Dijon et du Mans ; a construit un spectacle « l’école des Génies », une tournée en mobylette ; a participé ,au projet des saisons animée du Tdb ; s’est glissé au musée des beaux arts de dijon ; à débuté dans « mode de vie » ; a fait chanter le collège d’Is sur tille ; a emmener du théâtre à Pouilly en Auxois ( et c’est pas le plus simple) ; a participé aux Lycéeades de Chalon sur Saône, et rencontre en ce moment toutes les personnes de l'Abattoir.

Et encore je synthétise, parce que du monde croisé et des choses faites…..

Je viens d’éternuer.

Et je compte bien continuer à en proposer des petits dessins, à voir encore plus beaux et plus fous les comédiens, et à rêver encore.

Julien me disait que pour lui demander de l’exigence il fallait que la personne qui lui demande soit un exemple d'exigence envers lui même ; exigeant.

Un jour François m’a parlé d’une gravure où toute une troupe était représentée, elle en chiait apparemment mais elle était tout de même là, pacotille, tour de force, dérision et chansons dans le fond.

Gérard Guillaumat qu’on a surnommé  « dudulle » me répondit qu’il serait aujourd’hui difficile de créer une troupe mais que sans cette envie le théâtre mourrait comme nous tous.

Les plus beaux souvenirs des techniciens à barbe drue furent dans des troupes.

Je rêve d’une troupe ; j’ai pas envie que l’on couche tous ensemble tous les soirs et le litre comme oreiller ; je rêve d’une troupe, d’une compagnie et le tout le plus souvent sur les routes, pas d’un dépôt de dénomination à la presse et à la préfecture.

Romain vient tout juste de construire un théâtre, posé sur une remorque.

La semaine prochaine une cabane s’ajoutera à la lourde longue liste de nos scénographies.

Un théâtre portatif à brettelle est en route également.

Des tournettes et des parapluies pour des tours de manège ; c’est au programme aussi.

Pour le thème cette fois ci, et ça n’étonnera personne ,ce sera l’amour.

Les informations étant nombreuses sur ce sujet imaginez le chantier.

Dea Loher, Juliette, l’aveugle, la Barbe Bleue, Henry, Gilles de rais, Anne, Michaux, Eve, Landru, Aragon, Ozamu… et nous.

Il faudra bien une journée complète pour faire ce tour de manège.

Sur une journée donc, sur notre Bois, dans notre cabane, sur les places, dans la rue, au café du bout du milieu, et partout où cela pourra surgir, ressurgir et s’éclairer...


Sf - février 2010

 

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